Arc en Ciel Ile de France

Théâtre Forum en vidéo

Publié le 2 janvier 2011

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Réalisation Anne MORIN

A la Maison des Associations du 18e arrondissement de Paris,  l’Atelier Citoyen fait forum sur le thème du Sida.

Dans le cadre du projet Prévention-Sida, en partenariat avec le Réseau Santé Ville du 18e arrondissement de Paris.


La formation de l’expérience

Publié le 24 janvier 2012

On peut déceler deux sens à la notion d’expérience : d’une part la marque de ce qui s’est passé et qui vient des témoignages. D’autre part, les situations que l’on teste par des simulations, terme que l’on peut aussi remplacer par « expérimentation » d’alternatives, ou suivant Célestin FREINET de « tâtonnement expérimental ».

Ayant réussi à convaincre les responsables d’un rectorat pour la mise en place de formations du type « co-analyse des pratiques », je voudrais ici citer deux exemples de témoignages de CPE (conseillers principaux d’Éducation) qui montrent à quel point cette notion d’« expérience » (dans les deux sens) est essentielle aujourd’hui dans un type de dispositif de formation sans surplomb et sans prescription de recettes toutes faites.

Premier exemple : lorsqu’ils témoignent de leurs problèmes face aux « situations difficiles », plusieurs CPE évoquent ce qu’ils considèrent comme une stratégie de la part de certains enseignants : l’exclusion systématique des cours, d’élèves perturbateurs, élèves qu’ils ont ensuite la responsabilité de « gérer ».
Deuxième exemple : les CPE ont du mal à déterminer et à faire assumer auprès des élèves, le rôle du délégué de classe. En même temps ils se réclament des textes qui donnent au délégué des droits de médiateur, de représentation, d’expression des problèmes voire des revendications des élèves, et en même temps ils ont tendance « quand ils estiment que le délégué passe les bornes », à le remettre sèchement à sa place d’élève face à l’autorité de l’adulte, quitte à le punir s’il va trop loin dans son « impertinence ».

L’exclusion d’élèves, devenue « système pédagogique» peut finalement être considérée comme symptôme du refus de certains enseignants, du collège unique et de la massification de l’enseignement. Par ailleurs, le statut du délégué, considéré à partir des années 70 comme une innovation démocratique dans les écoles, devient de plus en plus contradictoire avec un système qui se durcit et qui pose la sanction disciplinaire comme essentielle face à des élèves qui « prennent de plus en plus de droits et oublient leurs devoirs ».

Dans les deux cas, le CPE doit faire quelque chose avec deux mondes qui se percutent, parce qu’ils sont basés sur des valeurs contradictoires. L’« institution » renferme en elle-même des modèles paradoxaux, voire incohérents, dont il va falloir tout de même en tirer une logique d’action. Cette logique, basée sur l’expérience, devient même essentielle si l’on suit François DUBET (La sociologie de l’expérience, SEUIL, 1995) : « Si on accorde au mot « institution » le sens relativement étroit (…) d’une forte capacité d’intégration fonctionnelle autour de valeurs centrales, l’école n’est plus une institution… ».

Dans ce système l’acteur ne peut avoir recours qu’à l’expérience pour faire face à ces contradictions et les dépasser. Donc, une formation du type « analyse des pratiques », si elle veut être efficace et donner la possibilité aux participants de co-construire de la connaissance, doit permettre une séquence de ce type :
Expression de la souffrance et de la plainte – Transformation de cette plainte en témoignage en partant de l’expérience des participants – Mise à distance et collectivisation de cette expérience – Expérimentation d’autres formes de pratiques tenant compte des contradictions de l’institution (voire de son absence) – Adaptation (entre le respect du cadre et le possible de la réalité dont les règles rigides ne tiennent pas compte) – Collectivisation dans le groupe de l’expérience et des expérimentations (ce que Célestin FREINET appelle l’« expérientiel ») pour en tirer des voies pratiques.

Dans cette séquence, le maître n’est là que pour se contraindre à ne pas proposer de recettes et pour contraindre les participants (qui souvent viennent a priori chercher en formation de la transmission passive), à faire appel à leur intelligence et à leur capacité d’adaptation pour devenir leurs propres formateurs.

René BADACHE

Imaginer un autre monde possible

Publié le 9 décembre 2011

Formation professionnelle au CNFPT de Haute Normandie

Yves Guerre raconte cette histoire :

« Le môme leva le bras, comme pour se protéger de la gifle qui ne devait pas manquer de lui être donnée.

— Frappe, dit-il. Je suis habitué. Cela ne sera qu’une fois de plus.

Quand il constata que la gifle ne venait pas, il fût tout interdit.

— J’ai fait une connerie, dit-il. Pourquoi tu ne me frappes pas ?

— Parce que cela ne te servirai à rien. Cela me calmerait peut-être. Mais je ne suis pas là pour me calmer, répond l’adulte éducateur. »

Et il ajoute :

« Ce n’est pas parce que le môme réclame une gifle qu’il faut la lui donner. Pas parce que le « formé » attend une « formation », des contenus bien épais, qu’il pourra utiliser pour se couvrir, qu’il faut les lui fournir. Il n’imagine pas un autre monde possible ! »

Cette histoire et cette remarque me renvoient à la formation du Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) de Haute Normandie dans le cadre de laquelle notre compagnie est intervenue. Intitulé Pratiques nouvelles et/ou déviantes des adolescents, ce stage de trois jours rassemblait des animateurs, des éducateurs et des assistants sociaux.

Leur attente était de cerner les caractéristiques de la jeunesse d’aujourd’hui, évoquer les problématiques diverses autour des addictions et des comportements inquiétants, comprendre les codes, identifier les nouveaux usages pour savoir se positionner face à des adolescents souvent réticents aux interventions d’adultes.

Nous avons demandé aux stagiaires de s’appuyer sur leur expérience du terrain et de témoigner des cas précis de « pratiques nouvelles et/ou déviantes des adolescents » telles qu’ils les vivent au quotidien dans leur pratique professionnelle. L’idée étant de co-construire de la connaissance en utilisant le Théâtre Institutionnel, méthode d’Education populaire.

Mais, ayant intériorisé des pratiques plus « conventionnelles », les participants ont été, dès la première heure, puis de façon presque violente et revendicative à la fin du premier jour, étonnés, déstabilisés par la forme de la formation que nous leur proposions.

Pourtant lors du bilan, en fin de formation, la plupart des stagiaires ont avoué qu’ils étaient très heureux d’avoir été « contraints » à suivre ce stage : si on leur avait décrit en amont la forme, ils ne se seraient pas inscrits. Si on leur avait indiqué que le formateur ne tenterait pas de leur inculquer des connaissances en surplomb mais se contenterait, dans un souci d’Education populaire, de mettre en place les conditions pour qu’ils s’obligent à le faire, et en plus en utilisant le théâtre, ils n’auraient pas choisi ce stage.

Du coup, voici le conseil étrange que les stagiaires ont prodigué aux responsables : « Oubliez ce qu’on a pu revendiquer et, pour les prochains stages, surtout, continuez ainsi. Ne décrivez pas la forme, car sinon les stagiaires potentiels ne s’inscriraient pas, et ils rateraient quelque chose d’exceptionnel et de positivement déstabilisant ».

Alors, qu’en déduire ?

  •  Que les stagiaires ont appris pendant ces trois jours à « apprendre sans maître » (« Le maître doit apprendre à l’élève à apprendre sans maître » (Jackie Beillerot).
  • Que certains d’entre eux, satisfaits à la fin, n’étaient pas prêts a priori à se passer des formes scolaires désirant être instruits des connaissances du maître : « Ils n’imaginaient pas un autre monde possible ! ».
  • Que pourtant, si le maître refuse de revenir à une position de surplomb, s’il résiste à la pression, le stagiaires se rendent compte qu’ils sont contraints à utiliser leur intelligence sans attendre qu’on les nourrisse du savoir de l’expert formateur.
  • Qu’il faut peut-être alors, quand on propose des formations dont la démarche est inscrite dans un souci d’Éducation populaire, en dire en amont le moins possible aux stagiaires sur la forme (lorsqu’ils s’inscrivent de façon volontaire), pour qu’ils découvrent par eux-mêmes leurs capacité à utiliser leur intelligence pour la co-construction de leurs connaissances.

Reste pourtant une question morale :

Le maître doit-il « tromper », même par omission, les élèves pour qu’ils soient contraints à apprendre sans maître ?

Peut-être n’y a-t-il rien à cacher, et que pour créer les conditions de l’émancipation, il suffit simplement d’être ce que l’on est. Mais peut-être aussi ne faut-il pas tout dire et laisser les élèves remettre en question leurs croyances intériorisées et découvrir par eux-mêmes, sans a priori, leur capacité.

Car, comme dit Jacques Rancière, « ce qui abrutit le peuple, ce n’est pas le défaut d’instruction, mais la croyance en l’infériorité de son intelligence ».

 

René Badache

 

Se former au Théâtre Forum

Publié le 6 avril 2011

Vous voulez vous former à la pratique du Théâtre Forum ?

La Coopérative Arc-en-Ciel Théâtre forme les futurs comédiens-intervenants.

En parcours libre ou dans le cadre de votre formation professionnelle, Arc-en-Ciel Théâtre propose une formation complète combinant sessions méthodologiques et travail sur le terrain.

Participer à une Journée Découverte en est la porte d’entrée obligatoire.

Pour tout renseignement nous contacter.

 

 

Atelier Citoyen

Publié le 4 avril 2011

LABORATOIRE DES  NOUVELLES PRATIQUES DE DÉMOCRATIE

Nous vivons aujourd’hui dans une période de crise de nos institutions, qui éloigne toujours plus les habitants des prises de décisions qui concernent leur avenir.

Le divorce entre les populations et leur représentation politique est bel et bien en voie d’être consommé. Cette rupture se vérifie régulièrement par une montée de l’abstention aux élections, mais également par une défiance de plus en plus sensible des citoyens envers leurs représentants élus.

Mais d’un autre côté, partout dans le monde, la revendication d’un engagement démocratique réel émerge. Ce mouvement témoigne qu’une partie de la population si elle se détourne d’institutions qui ne remplissent plus leur rôle, compte bien en inventer de nouvelles qui prendraient en compte leurs avis, leurs manières de voir « le vivre ensemble », c’est-à-dire le politique.

Il est aujourd’hui nécessaire et urgent de construire une interface entre les citoyens et ceux d’entre eux qui ont reçu mandat de décider au nom du bien commun, de telle manière que « le politique » soit partagé par tous.

L’Atelier Citoyen est une proposition pour y parvenir.

Il propose un espace dans lequel les habitants ont un accès à la délibération concernant leur territoire de vie, de manière paritaire avec leurs responsables élus, chacun participant à la construction démocratique dans un partenariat reconnu par tous.

LES PRINCIPES :

  • L’hypothèse que chaque citoyen dispose d’un point de vue recevable à propos de l’organisation de la Cité dans laquelle il vit.
  • L’affirmation que c’est dans le débat et la mise en relation de tous les points de vue que peuvent êtres produits des alternatives qui seront acceptées de tous.
  • La volonté d’un partenariat avec une ou plusieurs collectivités territoriales qui s’engagent à tenir compte de ces débats.

LE DISPOSITIF :

  • Un groupe d’habitants volontaires, quel que soit leur statut ou leur fonction, met en situation un élément de la vie quotidienne qui pose problème à la collectivité, de manière à pouvoir en jouer les éléments publiquement.
  • Cette situation est mise en débat pour la recherche pratique d’alternatives concrètes et l’examen de leurs conséquences, par la méthode du Théâtre Forum.
  • Un diagnostic partagé de chaque séance qui fait état de l’ensemble des propositions concrètes consécutives au débat est établi.
  • Ce diagnostic est largement publié et diffusé par la ou les collectivités territoriales partenaires.
  • Les élus tranchent dans un délai raisonnable entre toutes les propositions faites.

UNE MÉTHODE ACTIVE D’ÉDUCATION POPULAIRE

Faire le pari de l’intelligence individuelle et collective, c’est faire le pari de valoriser nos propres capacités de sujets libres. La méthode du théâtre institutionnel, dont le théâtre forum est un des outils, est la garantie de l’instauration d’un espace de paroles libres qui peuvent se confronter sans violence et à égalité de considération.

L’espace proposé par le théâtre forum est un espace de construction collective de savoirs. Si ce que je vois ne me convient pas, il ne tient qu’à moi de venir le changer en proposant une alternative de manière à ce que les conséquences possibles soient collectivement examinées. Il est aussi un lieu symbolique à la fois parce qu’il protège ses participants et parce qu’il est un signe fort envoyé aux citoyens de l’importance de leur engagement.

Il ne s’agit rien de moins que de donner un contenu réel à la démocratie.

toto

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